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Le serpent

Hors du temps…

Nous sommes dans le jardin, je suis une petite fille et je tiens la main de ma mère. Nous devons aller au poulailler qui est derrière la maison. Au moment de pénétrer, un serpent passe entre nos jambes et ma mère me serre très fort la main, imprimant sur la paume une peur que j’ai encore.

Un après-midi, un serpent a rampé jusqu’au pigeonnier en haut de la maison et gobe les pigeons à peine éclos. Khelimi est monté sur une échelle et essaie de le déloger avec une fourche ; il le blesse, mais le serpent continue ses contorsions, montre son ventre blanc nacré, puis s’écrase au sol en dégageant une odeur fade. Nous regardons, fascinés ; des images de peur indélébiles s’impriment en nous.

Les femmes marocaines nous racontaient, à ma sœur et à moi, sous la noualla, que dans les champs, les serpents viennent boire dans le ventre des petits enfants le lait qu’ils ont tété au sein de leur mère.

Ainsi, le serpent représente la peur primitive, celle qui est transmise par les mères.

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